Grâce à une demande en vertu de la Loi sur l’accès à l’information et la protection de la vie privée (LAIPVP), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (FEO) a récemment obtenu, auprès de l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE), les résultats des quatre premières sessions d’évaluation (automne 2024, hiver, printemps et automne 2025) du test de compétences en mathématiques (TCM).
Depuis le 1er février 2025, le TCM est devenu une condition obligatoire à l’obtention d’un diplôme d’un programme de formation initiale en Ontario pour toutes et tous les membres du personnel enseignant. Le TCM exige que les futures enseignantes et les futurs enseignants réussissent à la fois une partie consacrée aux connaissances mathématiques et une partie consacrée à la pédagogie (enseignement).
Les résultats obtenus à ce jour sont alarmants, notamment en raison des disparités manifestes dans les taux de réussite selon la langue, l’origine ethnique et l’âge des candidates et des candidats. Des recherches ont montré à maintes reprises que les tests standardisés à grande échelle et à enjeux élevés sont discriminatoires envers les personnes issues de milieux divers, un fait corroboré par les résultats du TCM. Les candidates et les candidats à l’enseignement issus de groupes défavorisés et de minorités linguistiques sont désavantagés de manière disproportionnée par ce test.
On ne saurait trop insister sur le fait que les résultats du TCM ne reflètent en aucun cas les véritables compétences des personnes candidates à l’enseignement en Ontario. Ces résultats constituent une condamnation claire de l’instrument d’évaluation défaillant, et non des candidates et des candidats.
Langue : Les candidates et les candidats francophones avaient beaucoup moins de chances de réussir que les candidates et les candidats anglophones dès la première tentative (71 % contre 44 %) et lors des tentatives suivantes (88 % contre 71 % à la quatrième tentative). En substance, le TCM retarde et entrave de manière disproportionnée le recrutement d’enseignantes et d’enseignants francophones à un moment où l’Ontario a besoin de davantage d’éducatrices et d’éducateurs francophones.
Origine ethnique : Les résultats du TCM révèlent des disparités raciales importantes et préoccupantes. Le taux de réussite des personnes blanches dès la première tentative est près de deux fois supérieur à celui des personnes noires. Après trois tentatives, 92 % des personnes blanches ont réussi, contre seulement 64 % des personnes noires. De plus, moins de dix personnes noires ont choisi de se présenter au TCM une quatrième ou une cinquième fois. Par ailleurs, les personnes noires avaient près de trois fois plus de chances que les personnes blanches d’échouer à la partie pédagogique de l’examen. Il existe également une disparité significative entre les taux de réussite des Autochtones et des non-Autochtones.
Âge : Les résultats montrent également un fort biais lié à l’âge. Les personnes âgées de 40 ans et plus ont affiché un taux de réussite à la première tentative inférieur de 31 points de pourcentage à celui des personnes de moins de 25 ans. De plus, on observe un écart de 11 % entre les taux de réussite des 30 à 34 ans et ceux des moins de 25 ans. Le TCM pèse de manière disproportionnée sur les personnes d’âge mûr et les enseignantes et les enseignants en reconversion professionnelle, un groupe qui pourrait contribuer à résoudre les problèmes de recrutement et de
rétention dans des domaines tels que l’enseignement technologique et les études commerciales.
« Les données issues des résultats du TCM ne font que confirmer nos pires craintes de 2019, lorsque le gouvernement Ford a proposé ce nouveau protocole d’évaluation », déclare Chris Cowley, président de la FEO. « Le TCM représente une grave erreur de politique éducative qui ferme inutilement la porte à la profession enseignante. »
Dans leur document de 2019 intitulé « Le test de compétences en mathématiques pour le personnel enseignant débutant : une formule vouée à l’échec », la FEO et ses filiales ont présenté des arguments fondés sur des données probantes expliquant pourquoi le TCM devrait être abandonné. De plus, une analyse documentaire réalisée par l’organisme provincial chargé des évaluations a révélé un lien ténu entre les tests destinés au personnel enseignant et les résultats des élèves. De plus, la Cour divisionnaire de l’Ontario a statué, lors d’un recours judiciaire en 2021, que le TCM était discriminatoire et, par conséquent, inconstitutionnel. Néanmoins, le gouvernement de l’Ontario a choisi de faire appel de la décision du tribunal de première instance et a poursuivi la mise en oeuvre du TCM.
« Le gouvernement Ford a délibérément misé encore plus fort sur un test dont il savait qu’il aurait probablement des répercussions disproportionnées et conduirait à des résultats inégaux », affirme M. Cowley.
Le TCM représente un obstacle inutile de plus qui retarde la certification du personnel enseignant à un moment où le système d’éducation financé par les fonds publics de l’Ontario est déjà confronté à une crise de recrutement et de rétention du personnel. Au lieu d’un test imparfait, le futur personnel enseignant aurait tout intérêt à bénéficier d’occasions d’apprentissage authentiques sur la pédagogie efficace des mathématiques pendant leurs programmes de formation initiale, une approche que de nombreuses facultés d’éducation avaient déjà mise en place avant
même que le TCM ne soit conçu.
La Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario est la porte-parole de la profession enseignante en Ontario et de ses plus de 160 000 membres. Les membres de la FEO sont des enseignantes et des enseignants à temps plein, à temps partiel et de suppléance dans toutes les écoles financées par les fonds publics de la province, aux niveaux élémentaire et secondaire, au sein des conseils publics, catholiques et de langue française.
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